30 janvier 2013

Canton voyage

"Ici nous ne parlons que pour les hommes qui ont l'habitude de changer de lit. Les autres ne nous entendraient pas.

Je m’éveillais l'après-midi dans cet état de béatitude bien connu des voyageurs au long cours.

Où étais-je ? Au Caire ? A Tokyo ? A New York ? Temps délicieux où l'on ne sait plus où l'on vit ! La mouette saurait-elle dire sous quel degré de latitude se trouve la vague qui la berce ?

Au souvenir de ces moments, je comprends les gens qui boivent, qui jouent, qui se droguent. Ils doivent connaître des instants qui s'apparentent à ces instants. Mais j'en tiens encore pour les miens.

Ne pas savoir où l'on respire, n'est-ce pas être déjà un corps glorieux ?

J'ouvris la fenêtre. Je vis que dehors tout était dégoûtant. Je me rappelai que j'étais en Chine."

Albert Londres, La Chine en folie (1922)

 

En lisant ce livre j'ai trouvé que ce passage était un parfait éloge de l'expatriation et du voyage en général, inutile de vous dire que je me suis sentie plutôt concernée... :-)

Bon, la dernière phrase laisse peut-être un goût amer, mais n'ayez crainte, après cinq mois à Canton je peux vous assurer que la Chine est tout sauf dégoûtante !

Temple

Posté par skilaria à 11:11 - Commentaires [6] - Permalien [#]


Commentaires sur Canton voyage

    tuttò chiarò ovviament pur muà! -.-"

    Posté par Sirvia, 11 février 2013 à 01:25 | | Répondre
    • ohi ma chi sei? Catrin denev???

      Posté par skilaria, 11 février 2013 à 08:33 | | Répondre
  • la dernière phrase = frase in dernano?

    Posté par sirvia, 11 février 2013 à 01:39 | | Répondre
    • ma lo vedi che sei bilinguistica??!! da ora in poi ti chiamero' Sirviettà da Dernì!

      Posté par skilaria, 11 février 2013 à 08:35 | | Répondre
  • "Je vis que dehors tout était dégoûtant": c'etait sans doute tout aussi vrai dedans que dehors a cette époque: blattes, cafards, ... Heureusement, il reste malgré tout des traces de ce temps des pionniers: n'as-tu pas eu toi aussi a te battre contre les rempants Cantonnais? Et va cheminer à travers les petits marchés de Liwan, tu y verras des volailles égorgées devant toi, les tripailles et les plumes baignant dans leur sang a demi-coagulé, des demi-têtes de cochons couchées sur l'étal qui te font de l'œil avec leur cil ébouriffé. Ouf, malgré le temps qui a passé, l'exotisme et l'aventure sont encore là... Bises de Birmanie.

    Posté par Gilbert, 11 février 2013 à 09:49 | | Répondre
    • ih ih!! merci Mr Gilbert, j'avais presque oublié cet épisode genre "rencontre du 3e type"... non je rigole, jamais je pourrais l'oublier, mais bon, ici je ne peux pas tout dévoiler non plus, ou je vais perdre tous mes lecteurs d'un coup !!
      Blagues à part, je suis totalement d'accord sur "l'exotisme et l'aventure" qui sont encore là, ce qui rend cette ville/pays aussi excitant !!!

      Posté par skilaria, 12 février 2013 à 00:49 | | Répondre
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